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Epargne : les français modifient leur façon d’épargner

Depuis l’année 2014, on assiste à une mutation radicale des flux de placements financiers de la part des ménages français. Bien que le taux d’épargne des français reste très élevé comparé aux autres pays européens, les placements qu’ils choisissent ainsi que les raisons de leur choix sont très différents de ceux observés l’an dernier.

Les français épargnent toujours autant

Depuis environ 20 ans, le taux d’épargne des français, qui correspond aux sommes épargnées par rapport aux revenus perçus, s’est maintenu à un niveau compris entre 15 et 16% selon l’INSEE. Au cours de l’année 2014, il s’est élevé à 15,8%, soit l’un des taux les plus élevés d’Europe, juste derrière l’Allemagne. A titre de comparaison, le taux d’épargne moyen est de 13% au sein de la zone Euro et il peine à atteindre les 6% au Royaume-Uni. Ces chiffres révèlent un comportement tourné davantage vers l’épargne de la part des français.

Un engouement envers les placements de long-terme sécurisés

L’économiste et directeur des études, veille et prospective de BPCE, Alain Tourdjman, avance que les français, qui étaient jusqu’alors tournés vers une épargne de précaution (chômage…), s’orientent désormais davantage vers une épargne d’anticipation. En effet, il indique que les français s’attendent à une diminution de leurs revenus dans le futur, notamment en ce qui concerne leur retraite, leurs dépenses de santé et également les potentiels risques de dépendance auxquels ils devront éventuellement faire face à l’avenir. Face à ces inquiétudes, ils se préparent donc en épargnant via des placements différents qu’auparavant.

Alain Tourdjman précise que ce sont les placements de long terme qui enregistrent les meilleurs résultats depuis 2014. En effet, les PEL et les assurances-vie ont enregistré 33 milliards d’euros de collecte nette l’année dernière, tandis que les livrets d’épargne ont quant à eux subit une décollecte nette de 17 milliards d’euros en 2014. Précisons qu’en 2012, ce type de placement à court terme avait récolté plus de 30 milliards d’euros.

Egalement, l’économiste avance que les placements boursiers ont connu une désertion sans précédent ces dernières années. En effet, selon l’INSEE, le montant total de ce type d’épargne est inférieur à 45% en moyenne comparé à celui observé entre 2000 et 2012. En d’autres termes, chaque année depuis trois ans, les placements financiers ont subi une baisse comprise entre 40 et 50 milliards d’euros depuis trois ans.

Ces chiffres prouvent ainsi que les français favorisent grandement les placements d’argent sécurisés plutôt qu’à risque. Ils s’orientent donc de plus en plus vers des placements de long terme et sans risque.



Mis en ligne le 10/03/2015 à 09h08